#23 - Le SEO est-il "éthique" ?


Le SEO : plus "moral" que les réseaux sociaux ?

Temps de lecture : environ 12 minutes [sortez les tisanes]


Hello, hello,

C’est moi ou depuis 2020, il se passe chaque semaine un truc à s’en décrocher la mâchoire / perdre foi en l’humanité / donner envie de se rouler en boule sous la couette ?

On se dit que c’est tellement gros, que ça ne peut pas être pire, et puis en fait, si. Musk qui fait un salut n*zi devant une foule en délire, c'est quand même d'un sacré niveau.

Mais bon, le mois le plus long de l’année avec ses 53 jours et 3h de lumière, c’est fini. Et il n'y a pas de petite joie.

Bref, revenons à notre SEO.

Avec les dernières annonces de Zuckerberg sur l'arrêt du fact checking sur Meta, puis Musk et tout ce qu’il se passe sur X (ex-Twitter), je me suis demandée quelles étaient les alternatives pour créer du contenu sans avoir l’impression de donner son âme au diable à chaque fois que l’on appuie sur *publier*.

Et puis je me suis posée la question : le SEO est-il “éthique” ?

Est-ce que Google et le référencement naturel c’est franchement mieux ?

Spoiler alert : c’est pas si simple.

Allez, creusons ensemble quelques pistes. Édition garantie sans réponses fixes.

Remettez vos lunettes en place, ce matin c’est dissertation.

Bonne lecture !

Au programme aujourd’hui :

  • Le SEO, est-ce vraiment “éthique” ?
  • Un tableau sensible dans un monde de brute.
  • Ce qu'il s'est passé dans mes acribo-coulisses de janvier.

ANNOTATIONS ET PAGES ÉCORNÉES

Gribouillis dans la marge ou dissertation en trois parties, toutes mes réflexions du moment.

Rien n’est tout noir ou tout blanc (merci Sherlock).

Et je ne suis clairement pas là pour vous “vendre” le SEO à tout prix.

Je suis moi-même en questionnement permanent sur son bien-fondé.

Parce qu’il faut bien avouer que le référencement naturel a pas mal homogénéisé et standardisé les contenus et les pratiques ces dernières années. Entre autres.

Résultat ? Des articles de blog bo-ring où l'on n’apprend rien car ils semblent avoir été écrits dans l’unique but de parader devant Google.

C’est quoi l’éthique ? Vous avez 4h.

Au départ, je me suis dit que j’allais tout simplement comparer le SEO avec les réseaux sociaux tenus par des f*chos pour analyser sa "moralité".

Simple ? Mouais.

Parce qu’en 2025, dans une société capitaliste, qu’est-ce qui est vraiment éthique ?

Si je ressors mes cours de philosophie de terminale L (ou Wikipédia), je peux lire que l’éthique :

Est une discipline philosophique qui porte sur les jugements moraux. Elle examine les questions normatives, concernant ce que les individus devraient faire, ainsi que les questions méta-éthiques sur la nature même de la moralité.

On cherche à distinguer le bien VS le mal.

"Éthique", c'est clairement pas le mot le plus approprié pour parler d’un levier de communication dont les règles sont dictées par une entreprise du GAFAM. *rire nerveux*

Mais alors, sous quel prisme analyser les impacts du SEO et sa possible “moralité” ?

Peut-être les impacts sociaux, humains, environnementaux ; ça me semble être un bon début.

Et certainement pas une fin.

L’algo du SEO n’est pas le même que celui des réseaux

Déjà, comparons ce qui est comparable.

Meta, X et autres plateformes sociales, ce n’est pas du tout la même chose que le référencement naturel.

On publie du contenu sur les premiers pour créer une communauté, tandis que le SEO est là pour travailler la visibilité d’un site internet qui existe indépendamment.

C’est pour ça que je ne veux/peux pas comparer l’éthique des plateformes à l’éthique des techniques de référencement naturel.

C’est tout simplement pas la même chose. Il y a une différence dans le fonctionnement même des algorithmes et des contenus mis en avant.

C'est la raison pour laquelle ça commence à se corser lorsque Zuckerberg annonce le 7 janvier dernier vouloir arrêter son programme de fact checking sur ses plateformes (Facebook, Instagram & Whatsapp).

Pourquoi est-ce qu'il arrête ?

Parce qu’il trouve que “les vérificateurs étaient trop orientés politiquement et ont plus participé à réduire la confiance qu’ils ne l’ont améliorée».

Sous-entendu : on ne peut plus rien dire de raciste, sexiste, homophobe, antisémite, transphobe, etc. Bouhouhou, la soi-disant sacro-sainte liberté d’expression.

Et cela va influencer la visibilité de certains contenus.

Parce que le fonctionnement des algos, c'est ça :

Pour les réseaux sociaux :

Tu crées un contenu

> Il est montré à une partie de ta communauté

> En fonction des réactions (j’aimes, enregistrements, partages, commentaires) il est partagé à une plus large audience sur une durée courte (1 journée à quelques semaines max).

Pour le SEO :

Tu créés un contenu

>Google vient le “scanner” pour comprendre le sujet.

> En fonction de sa pertinence vis-à-vis de la requête de ta cible et des innombrables critères d’analyse (popularité du site, richesse du texte, nombre de backlinks…) il est visible dans les premiers résultats (ou pas).

>Cette position peut varier, augmenter ou baisser au fil des semaines en fonction des autres articles publiés et de la qualité du site. L'article existe sur un temps (très) long.

On comprend pourquoi le contenu clivant et polarisant (les fakes news *cough cough*) peut devenir viral sur les réseaux sociaux. Ça crée de l’engagement et de la portée.

Les idées d’extrême droite et autres joyeusetés existent aussi dans les articles publiés sur des blogs et sites plus ou moins obscurs. Mais ce n'est pas l'engagement qu'ils provoquent (ou non) qui les pousse dans les premiers résultats (ou pas).

Ils existent, tout simplement, et peuvent ressortir si la cible fait une requête dans ce sens.

La différence est donc énorme.

Sur ce point de fonctionnement, on peut dire que le référencement naturel est plus “éthique” :

  • Il ne capitalise pas sur la viralité d’un contenu pour se faire de l’argent (salut les publicités) (par contre Google capitalise sur nos données personnelles, mais j'en parle juste après).
  • Il n’a pas une propension à partager plus facilement les fake news ou contenus sensationnalistes.
  • Il nous met devant les yeux le type d’informations que l’on recherche, et non pas des contenus similaires à ceux que l’on voit tout le temps aka la fameuse bulle de filtres.

Aussi, les techniques de référencement naturel ne jouent pas sur les mêmes biais que les réseaux sociaux.

  • Pas de scroll infini (à moins que vous ne tombiez dans un rabbit hole et faites 4h32 de recherches sur la meilleure recette de crêpes pour la Chandeleur).
  • Pas de FOMO à regarder les stories de vos influenceuses préférées ou de shoots de dopamine à chaque like sur une publication.
  • Pas de contenus polarisants dans l’objectif d’augmenter son engagement et donc sa visibilité.

Bref, pas de confrontation à des discours haineux ou des fake news si ce n’est pas lié à une de vos requêtes (je ne dis pas que ça n'arrive jamais avec le SEO).

Bien sûr, le référencement naturel n’est pas tout rose et il y a encore des techniques qui font lever un sourcil. Je pense par exemple :

  • Aux techniques black hat qui visent à exploiter les failles des algorithmes de Google pour gagner en visibilité.
  • Aux contenus pondus seulement pour le SEO sans aucune prise en considération des humains derrière les écrans.
  • Aux stratégies de backlinks qui visent la quantité plutôt que la qualité.
  • Au plagiat de contenu, au bourrage de mots-clés, à la duplication de contenu…

Et la liste peut continuer.

Google sur le plan idéologique

Alors là, la pente est glissante et sacrément touchy.

Cette newsletter n’est pas une recherche où j’aurais pu passer des mois à croiser mes sources et approfondir certains points. Si j’oublie certaines choses, ou que sur d’autres je suis complètement à côté de la plaque, discutons-en.

2 choses principales posent question quant à l’éthique du SEO.

  1. Les parts majoritaires de Google.

Depuis tout à l’heure je ne parle que du SEO sur Google.

Pourtant, il existe d’autres moteurs de recherche comme Bing et Yahoo. Questionner l'éthique du SEO, c'est par extension questionner l'éthique de Google.

Parce que Google a aujourd’hui 91,2 % des parts de marché en France.

Et qui dit parts majoritaires, dit choix des règles du jeu. Les dernières mises à jour conséquentes en témoignent.

La boucle est bouclée : si l’on veut arriver dans les premières positions pour gagner en visibilité et in fine augmenter son chiffre d’affaires, il faut s’adapter.

Et pendant que certaines contraintes peuvent mener à la créativité (c’est tout le principe des ateliers d’écriture), il en résulte souvent des premiers résultats médiocrement similaires. Et ne parlons pas de ceux créés uniquement avec l’IA.

2. Les GAFAM et nos données personnelles

Ce qui questionne surtout la "moralité" du SEO et de Google, c'est sa place dans les GAFAM (Google, Apple, Facebook, Amazon, Microsoft) en tant qu’acteur numérique.

Je pense qu’on pourrait écrire beaucoup de choses sur ces géants du web, mais ce n’est ni le lieu, ni ma spécialité.

Globalement, on peut dire qu’ils :

  • Centralisent un pouvoir économique et informationnel conséquent qui empêche les nouvelles idées et manières de s’informer de voir le jour.
  • Sont problématiques sur les questions de vie privée et de santé mentale.
  • Ont un réel impact nocif sur l’environnement, les ressources et les personnes qui y travaillent.

Sans parler que les entreprises du GAFAM réussissent à contourner les réglementations fiscales et à échapper à l’impôt dans de nombreux pays. *Ahem*.

Bref, Google sait beaucoup de choses de nous et la vie privée c'est pas son truc pref'.

C’est la raison pour laquelle vous avez des publicités ciblées (salut la promo Rowenta dès que vous parlez du meilleur aspirateur lors d’une soirée avec vos potes trentenaires).

Même si vous n’avez rien à cacher, c'est bof bof.

Et puis une information non négligeable à prendre en considération dans cette question : le soutien de Google à Israël en lui fournissant des outils d’intelligence artificielle.

Le SEO et son impact environnemental

Le numérique, ça pollue, c’est une réalité.

Je ne vais pas analyser l'impact du SEO sous ce prisme, parce que les réseaux sociaux ont aussi un impact conséquent, voire pire. Merci les vidéos.

Mais il faut tout de même noter que Google a vu ses émissions de gaz à effet de serre augmenter de 48% en 5 ans.

La raison ? L'intelligence artificielle et la hausse des besoins en énergie et ressources.

Conclusion : rien n’est éthique et tout est mal ?

Je le disais au début, ce n’est pas tout noir ou tout blanc.

Et se demander si le SEO est plus “éthique” que les réseaux sociaux, c’est comparer ce qui ne peut pas l’être.

Après avoir posé plus de questions que donné de réponses (sorry), je pense que l’on peut se dire que c’est complexe. Et que l'on n'a pas vraiment le choix.

Comme le disait Anaïs de Tu Vois Ce Que Je Veux Dire dans sa dernière newsletter : on utilise Meta, X et d'autres plateformes comme leviers de visibilité et d'acquisition pour nos business en ligne. En partir c'est se fermer des portes, louper des opportunités et déployer encore plus d'énergie pour trouver une clientèle IRL.

Tout ça pour dire : créer du contenu, sur l’espace numérique de son choix, n’est plus aussi neutre que ce que ça pouvait être avant. Et c’est une bonne chose. Même si ça peut faire peur.

Il est temps de se demander : quel web est-ce que j’ai envie d’avoir ? De lire ? De vivre ?

Est-ce que j’ai un rôle à jouer dans les changements, dans la contre-parole aux discours d’extrême droite ? Spoiler : oui.

Comment faire les choses à ma sauce ? Beaucoup de choses sont à inventer. À questionner. À adapter.

L'éthique vient en ajustant ses outils et en créant du contenu qui ne se laisse pas marcher sur les pieds.


P.S DES MOTS PERDUS

Des bribes de phrases récoltées, des œuvres qui m'inspirent des textes bruts, des rencontres textuelles par-ci par-là.

Douceur de peindre, douceur du voile, de la transparence, des instants de complicité qui s'entrevoient. Peindre l'acte de peindre, c'est rentrer dans des strates où se reflètent une image irréelle, mais presque vraie. Yeux clos, peau contre peau, la toile de l'artiste devient humaine, proche. Anaïs Prouzet met en scène la délicatesse des liens qui se tissent et montre ce que l'on ne peut entendre. Le silence d'un moment suspendu, sans décor ou lieu d'ancrage ; la matière de la peinture et de la lumière franches contre ces matières douces et couleurs qui s'effacent. Ici, c'est l'inverse du selfie : un moment brut, morcelé d'une intimité pas tout à fait mise en scène et figée.


DANS MES PETITS PAPIERS

Les derniers articles rédigés, les derniers épisodes sortis, les dernières nouvelles de mon entreprise.

Janvier, c'est fini (enfin !). Et il s'en est passé des choses durant ce mois :

  • J'ai fait la deuxième partie de mon shooting avec Mo (team fond lilas, bien évidemment).
  • J'ai rédigé 4 newsletters, 3 pages de site, 2 stratégies SEO pour le blog et livré 1 site de 7 pages orientées SEO local pour ma clientèle.
  • J'ai commencé à reprendre les textes de mon propre site internet.
  • J'ai lu 8 livres (dont Les Nuits Bleues d'Anne-Fleur Multon et Tropique de la violence de Nathacha Appanah que j'ai A-DO-RÉS).
  • J'ai surfé 5 fois et commencé a tricoter mon premier projet autre qu'une écharpe.

Et vous ce mois de Janvier ?

En attendant la prochaine édition d'Intrinsèques, see ya !

Emma - Acribologue du web

Acribologie : n.f : Choisir ses mots avec une extrême précision, comme Mamie au Scrabble.

Envie de devenir aussi visible que le texte en taille 53 du téléphone de votre grand-mère ?


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